Sortir de l'histoire de France

L'histoire de France : une fable. L'histoire de France à l'école : une fable dangereuse.

07 mai 2006

Brighelli a encore frappé, Brighelli est toujours frappé

Ce qui fait problème, avec Brighelli, outre la brutalité de ses propos, qui semble refléter celle du personnage – penser autrement que lui, c’est s’exposer à se faire traiter de « khmer rouge », de « barbare », de « sauvage », c’est  son ignorance crasse des principes et des réalités les plus élémentaires sur lesquels fonctionne l’Education nationale, comme, par exemple, les programmes officiels. Ainsi, dans une interview à VousNousIls (le 21 avril 2006) où il présente son nouveau navet (A bonne école), il déplore le fait que « l’histoire de France [soit] complètement oubliée » , les élèves de l’école primaire passant directement « des dinosaures (sic) et des hommes des cavernes (...) à des pans d’histoire contemporaine au collège » (sic), ajoutant qu’on « ignore tout des guerres de religion et de l’édit de Nantes ». Pour qui veut réfléchir à l’enseignement de l’histoire, la plus élémentaire des honnêtetés consiste quand même à se référer à sa source, à savoir les programmes officiels. Or, que disent les programmes de l’école primaire, cycle 3 ? « A l’issue de l’école primaire, les élèves doivent être capables : de distinguer schématiquement mais nettement, six grandes époques de l’histoire, la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Age, les Temps modernes et la Révolution française, le XIXe siècle, le XXe siècle (...) ; de les situer chronologiquement ; de mettre en relation quelques éléments caractéristiques d’une époque : formes de pouvoir, mentalité etc ». Mais où diable sont les dinosaures, disparus plusieurs dizaines de millions d’années avant les premiers hommes, comme le sait n’importe quel élève de CM ? Notre homme a-t-il des problèmes de compréhension (à cause de la méthode globale, sans doute) ou est-il simplement trop paresseux pour jeter un coup d’œil là où l’on trouve les informations ? Peut-être est-il aussi de mauvaise foi. Cela fait beaucoup pour un individu qui prétend inspirer une refonte du système éducatif. Même méconnaissance abyssale des l’histoire en collège. Des « pans d’histoire contemporaine » en 6e avec les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité (à moins – c’est encore possible -  que Brighelli ne prenne Toutankhamon pour un tyrannosaure) ? « Pans d’histoire contemporaine », encore, en 5e, année consacrée au Moyen Age et à la Renaissance (là, on sent poindre chez Brighelli comme une confusion entre le plafond de la Chapelle Sixtine et les grottes de Lascaux) ? « Pans d’histoire contemporaine », toujours, en 4e, avec les XVIIe et XVIIIe siècles ? Lorsque l’on manifeste une telle ignorance de l’histoire – l’histoire « contemporaine » commence officiellement avec la Révolution française – et des programmes scolaires, il me semble qu’on pourrait éviter, par peur du ridicule, de pondre un bouquin là-dessus et de se répandre ensuite dans tous les journaux, les chaînes de télé, pour en assurer la promotion. Car c’est bien là qu’est le fond du problème : on n’interdira jamais (même dans un pays comme la France vivant sous la dictature khmère rouge) à Brighelli ni à d’autres d’aligner d’affligants poncifs, des énormités phénoménales, des contre-vérités effarantes sur le système éducatif. On n’est pas non plus surpris de voir ces plumitifs pris au sérieux par les médias tout aussi ignorants qu’eux des véritables enjeux éducatifs. Par contre, il y a tout lieu de s’inquiéter devant la complaisance manifestée par les hommes politiques et les décideurs devant ce qui se révèle peu à peu au grand jour comme une manipulation, une mystification de première grandeur. Le 29 mars dernier, Brighelli intervenait au Sénat au cours d’un colloque organisé par le Comité Laïcité Liberté sur le thème « Refonder l’école de la république » ; parmi les co-intervenants, introduits par le sénateur Charasse, on trouvait Laurent Lafforgue, Denis Kambouchner, Rachel Boutonnet (on ne rit pas), tous représentants d’une cabale ultra-réactionnaire nostalgique de l’école – et sans doute aussi, de la société – d’il y a un siècle et qui voudrait faire du « pédagogisme » l’ennemi public numéro un. On imagine un instant les assistants écouter religieusement les âneries (quelqu’un voit-il un autre mot ?) débitées par Brighelli... Lorsque le Café du commerce rejoint les palais de la république, il faut vraiment s’alarmer non seulement pour l’école de la république mais aussi pour l’école tout court et, probablement, pour la république.

Posté par Lubin à 18:43 - L'histoire à l'école autrement - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cher Lubin,

Ok pour le programme cite ci-dessus, mais cela n'enleve en rien les connaissances crasses des eleves.
C'est la facon de faire qui est en cause, plus que le programme et si vous etes satisfait des connaissances des diplomes au Bac (fin du cursus) alors permettez moi de vous dire que vous avez de ''la merde dans les yeux''. C'est du niveau zero, en tout cas pour ce qui est de l'histoire.
Ce qui me gene c'est que justement c'est cette meme histoire qui nous permet de comprendre en partie les evenements qui se passent dans le monde aujourd'hui.....donc ne soyez pas surpris que la France se retrouve dans la situation qui est la sienne aujourd'hui...malheureusement tout est lie !

Posté par jean louis, 14 mai 2006 à 08:01

Sortir de la chronologie

Brighelli - qui, d'ailleurs, ne connaît rigoureusement rien à l'enseignement de l'histoire - affirme, d'une part, qu'on n'enseigne pas la chronologie, d'autre part, que les résultats sont mauvais. Il suggère donc d'enseigner la chronologie et d'instaurer un examen pour contrôler cet enseignement. Or, non seulement la chronologie est enseignée dans les écoles, (excusez les répétitions, mais c'est pour me faire comprendre) mais en plus, cet examen existe déjà, il s'agit de l'épreuve écrite d'histoire-géo au brevet en fin de 3e. Diable, comment "rétablir" ce qui existe déjà et qui donne de si mauvais résultats ?

En réalité, la diatribe lancée par Brighelli est la copie à l'identique de celle qu'on avait entendue il y a déjà un quart de siècle sur le même thème : "on n'apprend plus l'histoire de France à vos enfants !". Donc, il y a un quart de siècle, suite à un intense lobbying (je ne sais pas si Brighelli en faisait déjà parti), le ministre de l'EN (on a oublié qu'il s'appelait Chevènement...) avait tiré un trait sur les timides tentatives de rénovation de cette discipline pour restaurer la chronologie traditionnelle des rois et des batailles, celle qui est toujours en vigueur aujourd'hui et qui donne de si mauvais résultats.

Si vous avez l'obligeance de lire les messages que je laisse ici sur l'enseignement de l'histoire, vous serez d'accord avec moi pour affirmer qu'il y a peut-être d'autres pistes à suivre que celle des Mérovingiens ou de Marignan.

Maintenant, pour ce soir, je n'ai pas envie de parler davantage de Brighelli ; si vous voulez savoir pourquoi, jetez un coup d'oeil sur The best blog, "Journal d'école", mentionné en lien à gauche.

Posté par Lubin, 14 mai 2006 à 22:58

je ne vois pas ce que vient faire brighelli la dedans !
je vous donne mon point de vue personnel de pere de famille. Je ne suis pas dans l'enseignement mais je suis neanmoins effare du peu de connaissance en histoire de mes enfants.Pour ce qui est du brevet des colleges, le niveau y est tellement crasse que vous feriez mieux de vous abstenir de le siter en exemple !!!
Ce n'est pas la chronologie des rois et des batailles qui donne de mauvais resultats (il n'y a qu'a regarder le bon niveau de nos grands parent dans cette matiere) mais plutot la methode mis en place de l'enfant ''roi'' qu'il ne faut surtout pas trop ennuyer.Le probleme c'est qu'etudier ce n'est pas toujours drole !
Je vis dans un pays etranger dont bon nombre de revolutionnaires on ete forme en France au debut du sciecle dernier..... je peu vous dire qu'aujourd'hui on ne se bouscule plus pour venir etudier dans notre beau pays.....pourquoi ?

Posté par jean louis, 21 mai 2006 à 18:56

Le brevet, c'est un contre-exemple

Lisez-moi attentivement avant de critiquer : je ne cite pas le brevet "en exemple" mais en contre-exemple ; le programme en collège tourne en grande partie autour de la chronologie traditionnelle (événements politiques et militaires), qui n'est ni la plus essentielle, ni spécialement formatrice. Les notes de brevet sont là pour le montrer. "L'enfant roi" dans les cours d'histoire ? En êtes-vous sûr ? Dans un cours d'histoire, comme dans la plupart des autre disciplines, d'ailleurs, on demande surtout à l'élève d'être assis à sa place, sans bouger, sans ouvrir la bouche et d'ingurgiter dates et événèments comme on prend un médicament. C'est de son conservatisme que souffre l'enseignement de l'histoire. Pour ce qui est du "bon niveau de nos grands-parents", on attend de vous des chiffres, des études étayées pour vous croire. On risque d'attendre encore longtemps.

Quant à Brighelli, ce n'est pas de ma faute s'il jacte de tout, y compris de l'enseignement de l'histoire, question dont il ignore tout.

Posté par Lubin, 22 mai 2006 à 13:45

Des chiffres, des etudes ???
Vous savez pertinement que l'on fait dire ce que l'on veut aux chiffres. 80% de reussite au bac en est la preuve....cela ne veux surtout pas dire que les eleves sont meilleurs qu'avant et vous le savez tre bien !
Ce sont les dictatures qui utilisent le mieux les chiffres !
Ce qui me fait dire cela ? c'est quand je feuillette des manuels d'avant et d'apres guerre (la 2eme bien sur) dans lesquels il n'y a pas que les guerres comme vous dites.Bien sur tout le monde n'avait pas la chance de faire des etudes....mais pour les chanceux, le niveau etait autrement different.
Quand je parle d'enfant roi, je voulais dire que comme vous le dites si bien,les ''profs'' se satisfons de reciter la lecon du jour et de ne surtout pas deranger la cervelle de nos petits cherubins.....ou est le temps de la reflexion ...si j'ai aime et aime l'histoire c'est justement car mes enseignants de l'epoque ne se sont pas satisfait de me reciter betement des dates !Chose que je fait maintenant avec mes enfants a la place de l'EN.
Pour conclure ...peu importe les manuels...peu importe les dates ou les guerres...si il y a bien une matiere ou l'on peu amener la reflexion, c'est bien :l'histoire.

Posté par jean louis, 22 mai 2006 à 18:18

Quel passé ?

Vous mélangez vraiment tout, à la façon de Brighelli d'ailleurs. La question posée par mon message, et celle qui me motive en tant que prof, c'est de savoir de quelle façon rendre l'histoire plus utile aux élèves, qu'ils en tirent un réel profit. "Réciter bêtement les dates", dites-vous ? Mais où avez-vous vu que c'était mon idéal pédagogique, alors que tous mes messages disent le contraire ? Faire "réciter une leçon" à des élèves est bien la dernière des choses auxquelles je les occupe. Pourtant, faire "réciter bêtement", il me semble que c'est bien là le modèle de Brighelli.
Pour le reste, on ne va pas se lancer une fois de plus dans la question éculée du "niveau" : lorsque seule une minorité fortunée avait accès aux études et que la très grosse majorité sortait de l'école à 12-13 ans, sans diplôme, c'était quoi "le niveau" ? Pourquoi faudrait-il que le système scolaire reste bloqué, sans bouger, sur ce qu'il était il y a 1/2 siècle ou un siècle, comme un modèle insurpassable ? Cela n'a pas de sens.

Posté par Lubin, 22 mai 2006 à 18:45

qui melange tout ?

Je ne melange rien !
C'est justement ce que je dis !
C'est aux profs de faire en sorte que les programmes soient interessants et qu'il y ai des dates ou autre chose dans les manuels ne changera rien.
1/ un bon manuel avec un prof nul = cours nuls
2/ un mauvais manuel avec un bon prof = cours interessants.
Je suis en train justement de vous expliquer que ce n'est pas le contenu du manuel qui importe mais l'enthousiasme des profs a rendre l'histoire interessante et a developer le sens critique des eleves.
je vous ai fait part de mon experience qui justement a ete autre que du recitage bete et mechant (bien que j'en ai fait aussi !) mais votre aveuglement vous fait lire a l'envers! (je n'ai jamais dit que c'est la methode que vous preconisiez....il me semble.)
je dis simplement que nous avons la meme idee sur le sujet mais en ce qui concerne le niveau actuel des etudes nos points de vue divergent radicalement et pour moi cela n'a rien a voir avec les manuels mais plutot avec la methode actuelle.

Quand a savoir qui melange tout, relisez bien mon dernier post....je ne me suis jamais satisfait que, a l'epoque, juste une petite frange de la population ai acces au etudes (Bien sur tout le monde n'avait pas la chance de faire des etudes....)je dis simplement que pour ceux-ci le niveau etait autrement superieur et ce n'est pas en rabaissant le niveau pour se satisfaire d'un 80% au bac que l'on sert nos enfants.

Mais je suis sur que vous ete concient du niveau actuel et c'est surement pour cela que vous trouvez le sujet ecule !!! il n'y a pas de debat possible, juste des faits..... nous sommes bien d'accord !!!!

je sais .....toujours les chiffres...... pour satisfaire les ministres et les membres de l'EN...mais entre nous , on apelle cela la politique de l'autruche, non ?

PS: pour pouvoir avoir le sens critique et de la reflexion....il faut avoir un minimum de connaissances et cela passe quand meme par apprendre betement certaines choses...ne vous en deplaise.

Posté par jean louis, 23 mai 2006 à 09:12

Qui etes vous ?

Qui etes vous derrière votre pseudonyme ?

Je vous vois très remonté contre Monsieur Brighelli contre lequel vous vous livrés à beaucoup d'attaques personnelles "brutalité de ses propos, qui semble refléter celle du personnage " ou "son ignorance crasse". Il a surement beaucoup de défauts, mais il a le merite de ne pas se cacher derriere un pseudonyme...
Je vois que vous êtes "auteurs" au pluriel en tete de ce blog. Mais qui êtes vous en réalité ? un obscur enseignant plein d'ideaux, un meneur syndical ? un provocateur ? Monsieur M. lui-même ? Quand on a des positions aussi catégoriques que les votres, on doit les assumer à visage découvert !

Posté par pashyperpon, 24 mai 2006 à 21:45

ca doit etre juste un idealiste...il en faut aussi !
Bon le probleme ..on discute, on discute et pendant ce temps la...la France continue a s'enfoncer et a la vitesse grand V (l'EN aussi) :-(

Posté par jen louis, 25 mai 2006 à 05:21

Identité

Pour ce qui est des "attaques personnelles" contre Brighelli, reportez-vous sur le blog de Brighelli pour voir la nature des propos que le maître et ses fidèles ont tenus contre moi. Jetez également un coup d'oeil sur "Journal d'école", mon premier blog : vous y découvrirez les étranges visiteurs qui s'y promènent depuis que j'ai eu le malheur de dire du mal du maître.
C'est d'ailleurs suite aux menaces qu'ils y ont laissées que j'ai dû supprimer l'adresse email par laquelle on pouvait me contacter.

"Lubin" n'est pas un nom collectif (la catégorie "auteurs" au pluriel, qui apparaît en tête du blog, est imposée par Canalblog, l'hébergeur, sans que je puisse supprimer le "s"). Si j'ai choisi de m'exprimer sous un pseudo, c'est simplement par respect pour l'établissement où j'exerce (j'ai eu plusieurs fois l'occasion de dire que j'étais prof d'histoire-géo en collège), les collègues, les élèves et leurs parents.

Si vous souhaitez me joindre de façon plus personnelle, rien ne vous interdit de laisser votre propre adresse email dans un commentaire ; je l'effacerai immédiatement après en avoir pris connaissance.

Posté par Lubin, 25 mai 2006 à 10:43

identite ?

Moi que vous restiez anonyme, cela ne me gene pas au contraire de pashyperpon !
Ce qui me gene le plus c'est le oeil pour oeil...dent pour dent, ce n'est pas parceque des gens ne savent pas discuter autrement que comme des sauvages qu'il faut devenir un sauvage aussi !
Je suis a des annees lumieres de vos idees lumineuses, mais ce n'est pas pour cela que je cautionne les attaques quand elles depassent la bande blanche, qu'elle viennent du camps de droite ou de celui de gauche.
Votre reponse justificative fait un peu ''nenfant''...non ? !!!

Posté par jean louis, 25 mai 2006 à 12:10

Ce qui vous enrage c'est que M Brighelli est un formidable communiquant, son discours devient central et sert de base aux débats...et certainement à la future campagne électorale.
Force est de constater que sa charge bouscule bien des choses à l'éducation nationale.
Sans lui jamais, il n'y aurait pu avoir de réforme de la méthode de lecteure, jamais non plus de remises en cause directe des IUFM.
D'ailleurs, ne sont ils devant lui tous sur la défensive ?
C'est d'autant plus terrible pour eux que JPB est un ancien militant d'extrême gauche …

Décidemment, tout fout le camp !!

Posté par Maxime, 07 septembre 2006 à 08:49

Un bateleur

De l'extrême-gauche à l'extrême-droite, les passerelles ne manquent pas, comme chacun peut le constater... Brighelli, vous lui reconnaissez des qualités de "communicant", moi je dirais plus simplement que c'est une grande gueule. Son argumentation est affligeante, sa mauvaise foi confondante, sa méconnaissance de l'école ferait presque rire ; il s'avère incapable de tenir le moindre débat contradictoire. Son arme préférée reste l'injure ( ses adversaires sont des "khmers rouges", des "nazis" etc). Sa notoriété (au reste toute relative) tient exclusivement à son carnet d'adresses, bien garni : ce qui lui permet d'intervenir chez les Grosses têtes ou sur Radio Courtoisie, grands connaisseurs de la chose éducative, comme on le sait. Il a pondu deux pamphlets, qui, paraît-il, se sont bien vendus chez Leclerc, aux côtés des mémoires de Mireille Matthieu et des souvenirs de jeunesse de Sardou. Pour la Pléiade, il faudra encore attendre.

Vous évoquez une "réforme de la méthode de lecture" : je vous soupçonne d'être très ignorant sur le sujet ( comme Brighelli, d'ailleurs). Malgré les discours désopilants de de Robien, rien n'a changé à la rentrée dans l'apprentissage de la lecture, tout simplement parce que la circulaire dont tout le monde a parlé reprend tout bonnement ce qui se fait déjà. Entre les moulinets médiatiques du ministre et les tartarinades de Brighelli, il y a la réalité du terrain.

"Sans lui - écrivez-vous - il n'y aurait jamais pu avoir de remise en cause des IUFM". Permettez qu'on rigole : les IUFM sont critiqués, vilipendés depuis le jour de leur création. Figurez-vous que Brighelli fait partie de ceux qui n'imaginent pas qu'on puisse enseigner au 21e siècle autrement qu'au 19e.

Posté par Lubin, 09 septembre 2006 à 13:05

brighelli: mi-figue,mi-raisin

Je me permets de répondre à votre article en tant que (futur) collègue (je suis agrégé d'histoire depuis juillet en report de stage), à la fois pour vous soutenir et pour exprimer quelques réserves. Commençons par ces dernières. Il me semble, avec Brighelli, que les nouvelles méthodes d'enseignement de la grammaire et de l'orthographe ne portent pas d'aussi beaux fruits qu'on l'attendait.Je donne actuellement des cours de français à acadomia pour me permettre de faire bouillir ma marmite d'étudiant, et je peux constater sans cesse l'ampleur des lacunes orthographiques de mes élèves. Ce sont certes des élèves en difficulté, mais en comparant avec d'autres adolescents de mon entourage, il apparaît que l'indigence orthographique est un mal assez répandu ces temps ci. La chose est grave car non contents de mal écrire, ces élèves ont des difficultés à comprendre des phrases présentant un minimum de complexité, ce qui pose ensuite, et notamment au lycée, quand le niveau d'abstraction s'élève, de sérieux problèmes. Un ami qui a fait lui le choix d'enseigner immédiatement après le concours, et donc aujourd'hui stagiaire, me racontait l'anecdote suivante: il avait posé à ses élèves lors d'un contrôle de géographie la question "donnez trois exemples d'agglomération de taille mondiale". Une dizaine d'élèves répondit "l'Asie". Un autre ami , chargé de TD en médecine me révélait quant à lui, que ses collègues professeurs se plaignaient d'une diminution sensible de la compréhension et de l'expression écrite, alors même que le niveau scientifique se maintenait voire augmentait.

Posté par turlupin, 06 décembre 2006 à 00:20

suite

A mes yeux l'origine de la question ne réside certainement pas dans la bysantine querelle des méthodes d'apprentissage de la lecture, mais bien dans le renoncement assez généralisé à la grammaire systématique et aussi, et surtout, à la dictée, dont un de mes élèves en classe de troisième m' a avoué n' en avoir fait que deux depuis la sixème.

C'est là certainement une des rares choses qui me semble juste chez Brighelli. Avec peut-être sa critique des IUFM.

Mais en ce qui concerne l'enseignement de l'histoire, je vous approuve. On ne peut éternellemnt enseigner la matière à la manière du petit Lavisse. Si Brighelli préfère revenir au temps du "Nos ancêtres les gaulois", de l' exaltation d'un patriotisme naïf et des vertus morales propres au génie français, je lui conseille de s'acheter des culottes courtes, une gibecière, et un béret. Entre temps la recherche historique aura définitivement établi qu'il appartient à la catégorie du laïcard moustachu et ronchon, hussard d'une république en noir et blanc.

Posté par turlupin, 06 décembre 2006 à 00:45

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