« Forcer quiconque à chanter l’hymne national constitue une violation de la liberté de pensée et de conscience ». Mon bonheur aura été de courte durée devant cette décision judiciaire : il ne s’agit pas d’un tribunal français condamnant la Marseillaise obligatoire à l’école primaire mais du verdict rendu par le juge de la Cour du District de Tokyo (The Japan Times, 22/09/2006). Depuis 2 ans, 401 professeurs japonais qui refusaient de se lever devant le drapeau japonais pour chanter l’hymne national, étaient menacés d’avertissement ou même de suspension. Heurtés par cette atteinte à leur liberté de conscience, ces enseignants ont porté plainte en justice et donc obtenu gain de cause.

On rappelle qu’en France, cela fait maintenant près de deux ans qu’un député d’extrême-droite a fait adopter un amendement rendant obligatoire l’apprentissage de la Marseillaise à l’école primaire. Même si, autant qu’on puisse le savoir, un certain nombre d’enseignants s’assoient les deux fesses sur cette obligation, on attend toujours que 400 d’entre eux aient le courage de porter plainte en justice contre une contrainte en totale opposition avec les principes fondamentaux sur la liberté de pensée. En fait, ce n’est pas d’aujourd’hui que la République s’essuie les pieds sur les droits de l’homme.