C’en serait presque burlesque si le sujet s’y prétait. A propos des cérémonies commémoratives du 11 novembre à L***, Ouest France écrit (13/11/2006) : « Les enfants savent les regarder dans les yeux, les anciens combattants qui ont vécu l’inimaginable (...) ». Il s’agit, on l’aura compris, de cette cinquantaine d’écoliers conduits au monument aux morts par des instits inconscients. Ce qu’on ne leur a pas dit, à ces enfants, c’est que les anciens combattants qui les encadrent, qui les ont même affublés d’un grotesque Tshirt siglé « ONAC », ne sont pas ceux de la 1ère Guerre mondiale, tous morts, mais des autres, ceux des guerres coloniales, qui, avec une impudence de charlatan, ont pris l’habitude depuis des années de s’approprier la mémoire et le souvenir de tous ceux que la guerre a tués malgré eux. Ainsi que de parler en leur nom. Et « l’inimaginable » auquel se réfère le journaliste – si on peut appeler ainsi ce mauvais plaisant – s’appelle torture, ratonnade, corvée de bois, bombardement de civils. L’ennui c’est que ces combattants « main dans la main avec les enfants », comme on l’apprend,  en ont été les responsables ou les complices et que leur combat n’a rien à voir avec la paix. Il est des mains qu’on préférerait ne pas trop voir s’approcher des enfants.

Mensonge grossier et manipulation auxquels une fois de plus quelques instits irréfléchis ne trouvent rien à redire. « Peut-être [les anciens combattants] apprennent-ils [aux écoliers] à ne pas être dupes », poursuit l’article. Pour ce qui est de duper son monde et ses lecteurs, Ouest France a toujours fait très fort dès lors que les Anciens d’Algérie sont en cause. Avec la bénédiction de l’Education nationale.