Sortir de l'histoire de France

L'histoire de France : une fable. L'histoire de France à l'école : une fable dangereuse.

26 octobre 2006

L'hymne national contraire aux droits de l'homme...au Japon

« Forcer quiconque à chanter l’hymne national constitue une violation de la liberté de pensée et de conscience ». Mon bonheur aura été de courte durée devant cette décision judiciaire : il ne s’agit pas d’un tribunal français condamnant la Marseillaise obligatoire à l’école primaire mais du verdict rendu par le juge de la Cour du District de Tokyo (The Japan Times, 22/09/2006). Depuis 2 ans, 401 professeurs japonais qui refusaient de se lever devant le drapeau japonais pour chanter l’hymne national, étaient menacés d’avertissement ou même de suspension. Heurtés par cette atteinte à leur liberté de conscience, ces enseignants ont porté plainte en justice et donc obtenu gain de cause.

On rappelle qu’en France, cela fait maintenant près de deux ans qu’un député d’extrême-droite a fait adopter un amendement rendant obligatoire l’apprentissage de la Marseillaise à l’école primaire. Même si, autant qu’on puisse le savoir, un certain nombre d’enseignants s’assoient les deux fesses sur cette obligation, on attend toujours que 400 d’entre eux aient le courage de porter plainte en justice contre une contrainte en totale opposition avec les principes fondamentaux sur la liberté de pensée. En fait, ce n’est pas d’aujourd’hui que la République s’essuie les pieds sur les droits de l’homme.

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22 juillet 2006

Marseillaise pour les enfants ? Un leurre

L’idée de modifier les paroles de la Marseillaise pour atténuer son côté guerrier et brutal n’est pas nouvelle – quoiqu’on dise, la Marseillaise n’a jamais fait l’unanimité – mais connaît une nouvelle fortune depuis que le gouvernement, en panne d’idées face au délitement social, a cherché à en rendre l’apprentissage obligatoire à l’école primaire. Christian Guillet, qui est intervenu sur Journal d’école (12/07/06), milite pour faire adopter par le législateur une « nouvelle Marseillaise ». Philippe Dacremont (voir son message du 08/07/06 sur Sortir de l’histoire de France) anime une initiative visant à faire composer, sous forme d’un concours, une « Marseillaise pour les enfants » avec des couplets nouveaux qui, notons-le quand même, ne remplaceraient pas les anciens mais viendraient simplement les compléter. On se reportera à leurs sites respectifs pour juger de leurs arguments.

Qu’une nouvelle Marseillaise ou une Marseillaise pour enfants voie le jour, quelle importance, en fait ?  Même si les paroles de l’hymne national sont odieuses et ridicules, fondamentalement, ce qu’on reproche à la Marseillaise, c’est d’abord, justement, d’être un hymne national, un cantique, donc, visant à faire naître et développer, tout spécialement chez les enfants, ce qu’on appelle une conscience nationale. Et cette conscience nationale, on ne voit décidément pas de quelles vertus elle peut se prévaloir. En dressant des barrières artificielles – les frontières nationales – entre les individus, la conscience nationale génère des peurs, des fantasmes, des phobies à l’origine de bien des maux de l’époque contemporaine, guerres et génocides principalement. Racisme et xénophobie touvent leur origine dans ce sentiment d’appartenance arbitraire, forcé, fondé sur nulle réalité. Des enquêtes concordantes, que j’ai évoquées plusieurs fois sur Journal d’école montrent que le facteur décisif de l’adhésion aux thèses du Front national était un sentiment identitaire très fort centré sur le concept de nation, concept dont l’inanité, la vacuité ne sont plus à démontrer.

On voit ici toute l’ambiguïté et, à vrai dire, la dangereuse duplicité des propositions visant à composer de nouvelles paroles sur la Marseillaise : en gommant ses aspects les plus excessifs, les plus violents, elles tendent en réalité à lui donner une légitimité nouvelle qu’elle ne devrait pourtant jamais avoir. Surtout à l’intérieur d’une école dont la fonction demeure de former non pas de bons Français, mais tout simplement de bons copains, de développer les sentiments d’altruisme, de coopération, d’intérêt aux autres, d’ouvrir la curiosité des enfants au monde et non pas de la borner aux frontières sclérosées d’une hypothétique identité nationale. Cela fait maintenant de longs mois que des enfants sont pourchassés par la police à l’intérieur même des établissements scolaires pour être expulsés vers « leur pays d’origine » ; en vertu de circulaires administratives prétendument légales mais qui ne font qu’entériner le principe d’appartenance à une nation : ces enfants n’ont pas le droit de vivre en France parce qu’ils n’ont pas la nationalité française, c’est-à-dire qu’ils ne possèdent pas cette petite carte plastifiée faisant d’eux des Français. L’ « identité française », c’est cela et rien d’autre : un bout de papier plastifié. Pas de quoi chanter un hymne là-dessus.

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24 avril 2006

Le Pen maître d'école

Ils ne retiennent même plus l’attention, ces sondages montrant à quel point le Front National s’est incrusté dans l’opinion publique : 1/3 des Français estiment que ce parti « enrichit le débat politique » (sondage Ifop, Metro, 21/04/06). On n’est pas non plus surpris de constater que pour 43% des sondés, l’immigration est « le domaine dans lequel la présence de l’extrême-droite paraît le plus utile pour enrichir le débat » en question. Il ne faut pas compter sur les réactions des leaders politiques pour inverser la tendance : entre « la France, tu l’aimes ou tu la quittes » de de Villiers, « si certains n’aiment pas la France, qu’ils la quittent »  de Sarkozy, « je dénie à la droite le monopole de l’amour de la France » de Hollande, on ne fait même plus semblant de marquer sa différence avec « la France aux Français », slogan martelé depuis toujours par Le Pen. L’affligeante sortie de Hollande sur « l’amour de la France » – devant des jeunes socialistes qui n’ont rien trouvé à y redire – vient en quelque sorte conforter l’extrême-droite dans son approche nationale et xénophobe des questions de société : au lieu de dénoncer les fantasmes identitaires qui font le lit du racisme, l’exaltation de l’ « amour de la France » par les socialistes revient en quelque sorte à appuyer l’idéologie nationale qui fait la force du FN. En d’autres termes, Hollande ne condamne pas les valeurs de Le Pen, il les revendique pour siennes. La question de fond reste celle-ci : pourquoi faut-il qu’en France, on ne puisse remporter les élections qu’en agitant la peur de l’étranger ?

En tant qu’enseignant, j’observe tous les jours depuis des années les effets ravageurs qu’un enseignement étroitement borné de l’histoire de France peut provoquer chez de jeunes élèves et sa responsabilité dans l’édification d’une conscience nationale aussi artificielle  que dangereuse. C’est à l’école – à travers le récit des guerres, des croisades, à travers la célébration de la nation – que naissent les réflexes de peur, de méfiance envers l’étranger : on ne devient « français » – car on ne l’est jamais à la naissance, en dépit des délires sur les Français « de souche » – que contre quelqu’un d’autre. C’est à l’école que se forment les images, les représentations mentales, qui conduisent les élèves, à l’âge de la majorité, à voter Le Pen. Depuis plus de vingt ans, différents gouvernements socialistes ont cru intelligent, par tactique ou par conviction,  de renforcer ce qu’on peut appeler un nationalisme scolaire : c’était par exemple Chevènement, ministre de l’EN au milieu des années 80, imposant de nouveaux programmes centrés sur la chronologie traditionnelle de la France et tirant brutalement un trait sur les timides tentatives d’ouvrir l’histoire sur le monde ; c’était lui, également, qui avait réintroduit les symboles nationaux, drapeau, hymne, dans le cursus des élèves de primaire et de collège. Au passage, on notera que lorsqu’en février 2005, Rivière, député d’extrême-droite, fait inclure dans la loi Fillon l’obligation de la Marseillaise à l’école primaire, il ne fait guère que suivre le sillon – abreuvé de sang impur, comme on sait – creusé par les socialistes. Ces mêmes socialistes qui, lors du débat sur la loi d’orientation, avaient même suggéré, par la voix de types comme Vallini, Charasse, de faire chanter la Marseillaise chaque lundi matin par les élèves au garde-à-vous. Le lundi matin seulement ? Mauvais Français ! Et pourquoi pas tous les jours ? Et pourquoi pas non plus le Horst Wessel Lied ? Horst Wessel, un homme qui aimait tant son pays. Comme les 43% de Français qui estiment intéressantes les idées du Front national sur l'immigration, idées qu'on leur a inculquées à l'école, avec l'amour de la France et la peur de l'étranger. L'amour de la France et la peur de l'étranger qui font voter Le Pen.

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02 avril 2006

Socle commun de connaissances : bienvenue au racisme

Le 30 mars, le Haut Conseil de l’éducation a rendu publiques ses recommandations sur le socle commun de connaissances et de compétences que devraient maîtriser les élèves. Peu d’infos pour l’instant sinon Le Monde et Ouest France (30/03/06). Pour ce qui touche à l’enseignement de l’histoire, il y a tout lieu de s’inquiéter : il s’agit pour les élèves de « connaître les événements fondateurs de l’histoire de France en les reliant au besoin à l’histoire du monde et du continent européen ». Le HCE conforte donc cet apprentissage dans la vision étroitement bornée d’une chronologie politique et militaire, vision dont on connaît les dérives : une histoire nationale mythique et mensongère conduisant à l’acquisition chez les élèves d’une « conscience nationale », la connaissance du passé réduite à un minuscule hexagone sur le globe terrestre, l’histoire des sociétés vue à travers celle de ses chefs, presque toujours des chefs de guerre, l’interdiction faite aux enfants de porter leur regard au-delà des frontières nationales et de découvrir le monde, s’entêter dans l’impasse d’une identité nationale, c’est tout cela qui fait le lit du racisme et de la xénophobie. On ne manquera pas de relever la formule selon laquelle il faudrait relier cet apprentissage « au besoin à l’histoire du monde et du continent européen ». Au besoin de qui, de quoi ? Pour les besoins de l’histoire de France, de l’histoire des blancs ? Etonnante proposition, un peu tordue à vrai dire, qui rappelle vaguement les aspects positifs de la colonisation. Sortis par la porte, ces derniers rentreraient donc par la fenêtre.

On attend des historiens, des intellectuels qui avaient fait campagne contre la loi de février 2005, qu’ils manifestent le même intérêt, la même indignation contre l’histoire de France à l’école. Faute de quoi, on s’autoriserait à penser qu’ils sont aveugles ou malhonnêtes.

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28 mars 2006

Contre tous les "ethnocentrismes" : supprimer la Marseillaise !

Le rapport 2005 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme s’inquiète de la montée des sentiments racistes en France : « l’une des caractéristiques les plus fortes et les plus inquiétantes du sondage 2005 est incontestablement la levée d’un tabou. En effet, une personne interrogée sur trois répond que, personnellement, elle dirait d’elle même qu’elle est raciste, soit une augmentation de 8 points par raport à 2004 (...) ». Comme toujours lorsque la société préfère se voiler la face, on s’interroge sur la responsabilité de l’école dans cet état de fait et les réponses tombent une fois de plus à côté de la plaque. Les établissements scolaires seraient en proie, selon la Commission, à un « fort développement de l’ethnocentrisme ». Pratique, cette notion d’ethnocentrisme et très à la mode. Pas besoin de chercher à la définir, à lui donner un contenu : la mettre en avant réveille immanquablement des peurs, des phobies, des images, celles de jeunes nécessairement bruns de peau, probablement issus des «quartiers », inévitablement islamisés, devant lesquels, comme chacun sait, la république a depuis des années, perdu tant de territoires. Heureusement, les sages de la Commission ont  trouvé la solution ; on vous la donne en mille : seul le « renforcement de l’éducation civique » permettra à la société de retrouver son harmonie et ses valeurs. Peu importe que l’éducation civique existe depuis toujours à tous les niveaux du cursus scolaire, qu’elle soit matière d’examen ; nos sages en question ne peuvent pas tout savoir. L’éducation civique, on l’évoque toujours de manière incantatoire, comme une prière, comme un hymne religieux qu’il suffirait d’entonner pour guérir tous les maux, le chômage, la dislocation du tissu social, la précarisation, le réchauffement du climat, que sais-je encore. A propos d’hymne justement, on s’étonne que l’apprentissage obligatoire de la Marseillaise, hymne civique par excellence, n’ait  pas permis de faire disparaître toute trace d’ethnocentrisme des établissements ; c’était pourtant le but avoué : chaque élève doit  tressaillir d’enthousiasme à l’évocation du sang impur qui abreuve les sillons. Sinon, c’est un zéro sur la feuille de notes et couplets-refrain à recopier plusieurs fois comme ça se fait dans certaines écoles.

J’aurai personnellement tendance à penser que si le racisme et la bêtise xénophobe ont tant gangrené la société au cours des dernières années, c’est peut-être parce que les programmes officiels de l’Education nationale, ceux d’histoire et d’éducation civique, ont renforcé, remis au goût du jour, donné une légitimité nouvelle à cette forme d’ethnocentrisme franchouillard qu’est la conscience nationale. A partir du moment où de tout jeunes enfants sont éduqués par une institution scolaire qui privilégie avant tout le reste l’acquisition d’une identité nationale, au détriment de l’identité humaine, il ne faut pas s’étonner des dérives. Les actes racistes, antisémites, xénophobes ne sont possibles que parce que,sur les bancs de l’école, on apprend à se sentir « Français d’abord ». La conscience d’appartenir à un groupe humain avant tout le reste, qu’il soit français, juif, musulman, arabe ou berrichon, parce qu’elle trace des frontières artificielles entre les enfants, génératrices de peurs et de méfiances, ne peut aider à construire une société ouverte et tolérante. Il faut donc réécrire les programmes d’histoire dans un sens qui aille vers la découverte des civilisations et des hommes, s’attacher à promouvoir aux yeux des élèves d’autres symboles que ceux qui ont fait s’entretuer les peuples. Et pour commencer, ôter les drapeaux des frontons que l’on voit encore dans certains établissements, ils n’y ont pas leur place et rayer définitivement la Marseillaise des programmes scolaires. L’ethocentrisme s’effacera alors de lui-même.

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01 février 2006

Rivière and friends

Ce n’est pas le Conseil constitutionnel qui va les impressionner, Rivière et sa bonne bande de copains députés des Alpes-Maritimes ; les Alpes-Maritimes, tout en bas à droite, à l’extrême bas, à l’extrême droite de l’hexagone. Ils viennent de lancer un appel à « toutes celles et tous ceux qui sont fiers de l’histoire de la France (...) pour rendre un hommage solennel à tous les Français rapatriés qui ont servi notre pays outre-mer sur le plan civil et militaire » (Libé, 28/01/2006).

Rivière, on le connaît bien et on l’apprécie à sa juste valeur. Vous savez bien : il est l’auteur de l’amendement Marseillaise incluant l’hymne dit national dans les programmes de l’école primaire. Au passage, on attend toujours les réactions indignées des historiens sur ce sujet. Rivière est aussi co-signataire d’une proposition de loi visant à rétablir la peine de mort.

C’était juste un petit message pour rappeler aux instits grâce à qui ils ont l’honneur et le plaisir de faire goûter à leurs petits élèves une bonne rasade de sang impur qui abreuve les sillons.

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02 octobre 2005

Les "géniales intuitions" de l'extrême-droite

Envoyé ça à Ouest-France

Dans un quotidien censé respecter les valeurs de ses lecteurs, on aurait attendu un peu plus de retenue que le "Touche pas à la Marseillaise" de D. Pillet (OF, 02/10/05) qui, au passage, en profite pour cirer les pompes ("les géniales intuitions") d'un député d'extrême-droite, J. Rivière, auteur de l'amendement Marseillaise, bien connu pour ses prises de position racistes et xénophobes (cf ses polémiques répétées avec le MRAP).

Si 80% de vos lecteurs approuvent l'apprentissage de la Marseillaise, ce n'est pas une raison pour ne pas reconnaître la liberté de conscience des 20% restants, la liberté de conscience qui demeure - malgré la Marseillaise... - un des principes de la république. Ce n'est pas non plus une raison pour que votre quotidien ignore  superbement le réel mouvement d'opposition qui s'est développé sur ce sujet dans les écoles depuis la rentrée. Le "sang impur" qui abreuve les sillons, les "cohortes étrangères" qui font la loi dans les foyers, il reste quand même pas mal de gens, bien plus de 20%, à trouver ça franchement sordide.

Il est vrai que, pour OF, comme pour nombre d'autres publications, un sondage, c'est tellement plus facile à organiser qu'un débat.

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19 septembre 2005

Marseillaise, mode de non-emploi

Trois semaines après la rentrée, les écoles ont donc choisi leur camp. Face à la Marseillaise, les enseignants du primaire ont suivant les cas :

- choisi de boycotter, mieux même, de saboter l’apprentissage en question, expliquant haut et fort les raisons de leur refus. Ceux-là auront droit à une couronne de lauriers et pourront continuer à se regarder chaque matin dans la glace en se rasant ou en s’épilant.

- choisi d’égarer au fond d’un tiroir le BO du 25 août avec la circulaire sur la Marseillaise. Parmi les centaines de BO qu’on n’ouvre jamais dans les établissements scolaires, ce n’est ni le premier ni le dernier. Bon, c’est bien mais le rasage ou l’épilation n’auront quand même pas la même valeur.

- choisi de respecter la lettre de la dite circulaire et là, ce n’est pas du tout idiot. Car si cette circulaire évoque « l’apprentissage » de la Marseillaise, elle n’a jamais exigé qu’on la fasse apprendre par cœur, encore moins qu’on la fasse chanter aux enfants. Rien n’empêche, dans le cadre d’un cours sur la Révolution française, d’évoquer son histoire, sans en occulter le côté guerrier et fanatique ; rien n’empêche, dans le cadre de l’éducation civique, de faire s’interroger les élèves sur la tolérance et l’intolérance, sur le sang impur ou les cohortes étrangères qui viendraient faire la loi dans nos foyers. Soit dit au passage, les enseignants qui s’engagent dans cette voie respectent les instructions officielles sur le nécessaire esprit critique à faire acquérir par les élèves.

- enfin, quelques enseignants, droits dans leurs bottes, ne se sont posé aucune question. Dès les premiers jours de l’année scolaire, leurs écoliers, au garde-à-vous, ont dû plier l’échine sous l’étendard sanglant. Ce n’est pas très joli, car il est clair que, ce faisant, ils ont fait passer leurs convictions personnelles avant le respect des enfants qui leur sont confiés. A moins que, le trouillomètre à zéro, ils ne redoutent rien tant que déplaire à monsieur l’inspecteur ; et si, un jour prochain, quelques députés rétablissent dans les écoles « Maréchal, nous voilà ! », nul doute qu’ils s’exécuteront de même. Ceux-là obtiendront, certes, les palmes académiques lors de leur départ en retraite mais moi je trouve que, quand même, les palmes, ça donne un air de vilain petit canard.

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14 septembre 2005

Journée internationale de la paix

Mercredi 21 septembre, c’est la Journée internationale de la paix proclamée par l’ONU. La « Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix » profite de la circonstance pour lancer des animations et des campagnes de sensibilisation au niveau des établissements scolaires. Il faut utiliser l’occasion pour réclamer l’abrogation de la Marseillaise obligatoire. Parce que, quand même, une « culture de non-violence et de paix », ça ne va pas très bien avec le sang impur qui abreuve les sillons.

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02 septembre 2005

La Marseillaise des matins blèmes

Aujourd’hui, c’est la rentrée.

Aujourd’hui, c’est la Marseillaise obligatoire dans les écoles : le sang impur retrouve une place de choix dans l’imaginaire enfantin.

Aujourd’hui, ce devait être la rentrée pour plusieurs dizaines d’enfants jusqu’à ce que des policiers, des CRS déboulent chez eux au petit matin pour les embarquer sans ménagement vers une destination inconnue. Il faut dire qu’ils sont tous noirs.

Aujourd’hui, ce n’est pas non plus la rentrée pour les enfants sans-papiers raflés depuis plusieurs mois vers des destinations inconnues. Il faut dire qu’ils n’ont pas la peau blanche.

Aujourd’hui, c’est la Marseillaise obligatoire dans les écoles. Les écoliers sont un peu moins noirs, un peu plus blonds, ethniquement un peu plus purs.

Aujourd’hui, Le Pen claironne : « M. Sarkozy, sur un certain nombre de sujets est d’accord avec les propositions que j’ai faites et avec les analyses qui les ont précédées » (sur LCI, 31/08/05). Sarkozy, c’est le chef de la police, c’est aussi le chef du parti qui a rendu la Marseillaise obligatoire dans les écoles.

Il y a 63 ans, on raflait déjà dans les rues de Paris avant que le sang impur n’abreuve les sillons.

Bon, dites, les instits, les profs, tous les autres, il faut quoi pour vous réveiller ?

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